Une agriculture qui renforce sur tous les plans

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Pour que tout aille bien il faut que tous se portent bien

En agriculture biodynamique chaque élément est pris en compte avec attention dans le but de toujours renforcer le système dans son entier.

Le sol, les végétaux, les animaux et les êtres humains sont considérés comme autant d’éléments appartenant à un vaste système, à l’intérieur duquel tous se soutiennent mutuellement et dépendent les uns des autres.

Pour les producteurs*trices il est essentiel d’établir une relation qui soit fructueuse et profitable à la fois pour le sol, les plantes et les animaux.

Les caractéristiques de l’agriculture biodynamique sont les suivantes

  • favoriser la fertilité du sol
  • la ferme produit son propre fumier
  • valorisation de la couche d’humus
  • utilisation des préparations biodynamiques
  • travail en collaboration avec les rythmes naturels, entre autres celui du temps et des saisons
  • un élevage respectueux de la nature de l’animal et axé sur ses besoins
  • travail de sélection des éléments répondant aux critères de la biodynamie
  • diversification et rotation des cultures
  • participation active à l’aménagement du paysage
  • création et maintient de conditions favorables au développement des insectes et organismes auxiliaires
  • la ferme est considérée comme un organisme appartenant et fonctionnant à l’intérieur d’un vaste système circulaire global
  • comprendre l’organisme agricole comme système circulatoire
  • entretenir des rapports féconds avec les humains, le sol, les plantes et les animaux

Des sols fertiles, des plantes saines

Les producteurs*trices biodynamiques sont aussi des soignant*es et des exploratrices, des chercheurs. Au sein de leurs fermes, ils*elles mettent en pratique et façonnent à leur manière ce qu’ils*elles ont appris dans les cours d’introduction à la biodynamie. Ils*elles continuent à développer les méthodes et les procédés pour qu’ils soient à la fois adaptés aux spécificités des lieux et répondent aux besoins de tous les habitant*es de la ferme/domaine. Les producteurs*trices Demeter se considèrent comme faisant partie d’une communauté mondiale de développement, à la recherche constante de meilleures solutions.

Les directives pour une agriculture biologique-biodynamique se basent sur les idées et indications proposées par Rudolf Steiner en 1924 dans son ” Cours d’agriculture “. Ce sont d’abord les résultats de recherches empiriques et scientifiques qui ont fait de l’agriculture biodynamique ce qu’elle est aujourd’hui, à savoir une agriculture pratiquée avec succès et développée dans le monde entier >> www.demeter.net.

Une protection comparable à la peau humaine

L’humus issu de la décomposition des résidus végétaux depuis des milliers d’années recouvre le sous-sol des régions fertiles de notre planète, formant une couche de protection comparable à la peau humaine. L’agriculture intensive actuelle, fondée sur l’utilisation de grandes quantités d’engrais chimiques et de produits phytosanitaires et sur l’emploi de lourds engins agricoles, détruit nos sols. Ainsi, l’érosion a d’ores et déjà causé la perte d’environ un tiers des terres arables fertiles dans le monde. En Suisse, nos sols sont cultivés selon des méthodes moins intensives par des agriculteurs adéquatement formés et soutenus par un système de paiements directs ingénieux.

Pourtant, les sols cultivés selon les méthodes de l’agriculture biologique et, plus particulièrement, de l’agriculture biodynamique renferment davantage d’humus, présentent une plus grande activité biologique, sont plus riches en espèces et produisent moins de gaz à effets de serre. En outre, ils transforment de manière plus efficace l’énergie et les nutriments, avec pour corollaires de meilleurs rendements. C’est ce que montrent les résultats de l’essai mené depuis 1978 à Therwil, près de Bâle, qui compare les systèmes de culture biodynamique, organo-biologique et conventionnel (essai DOC).

Des différences visibles à l’œil nu

Il suffit de marcher dans le champ de l’essai DOC après une forte pluie pour s’apercevoir que les parcelles cultivées selon les méthodes bio sont moins boueuses. Une simple bêche permet de percer ce mystère: les sols cultivés en agriculture bio sont truffés de galeries de lombric, qui favorisent l’infiltration de l’eau de pluie dans le sol.

Quant aux pommes de terre, on constate que les conventionnelles sont nettement plus grosses que les bio, et cela n’est pas un hasard: les pommes de terre conventionnelles reçoivent en moyenne deux fois plus d’engrais et 12 pulvérisations de produits phytosanitaires contre les adventices, les champignons et les insectes. En poursuivant la visite des installations de l’essai, on découvre le blé bio, bien droit et un peu plus haut, car il n’est pas pulvérisé de régulateurs de croissance chimiques qui le maintiennent à une certaine hauteur pour l’empêcher de plier sous les rafales de vent.

Les systèmes bio ont des rendements plus faibles, mais une production plus efficace

En termes de rendements moyens, le procédé conventionnel est supérieur à tous les autres procédés de culture. En agriculture biologique, la récolte est en moyenne inférieure de près de 20 %. Fait notable: la différence de rendement entre le système biologique et le système conventionnel est restée stable tout au long de ces 40 dernières années, car les systèmes bio ont permis de maintenir la fertilité des sols. Dans les variantes bio, la production est assurée avec environ 50 % d’engrais et d’énergie en moins; elles sont donc plus efficaces et respectueuses de l’environnement.

Les différences entre les systèmes biologique et biodynamique sont tout aussi intéressantes. Bien que les rendements des pommes de terre dans le système biologique soient environ 15 % plus élevés que ceux du système biodynamique grâce aux pulvérisations de cuivre, les rendements de blé biodynamique ces dernières années sont supérieurs de 20 % environ à ceux du système bio. Ce surcroît s’explique vraisemblablement par une meilleure structure du sol et par une plus grande activité biologique, ainsi que par l’utilisation dans le système biodynamique de variétés de blé bio adaptées, provenant du sélectionneur de céréales Peter Kunz.

Une eau potable de qualité grâce à l’agriculture bio

Dans le procédé biodynamique, les sols sont traités avec du fumier composté et des préparations biodynamiques; dans le procédé biologique, les parcelles d’essai reçoivent du fumier et dans le procédé conventionnel des engrais chimiques et du fumier. Dans les parcelles biodynamiques, on renonce entièrement aux produits phytosanitaires, tandis qu’on utilise du cuivre pour protéger des maladies les pommes de terre cultivées selon les méthodes bio. Contre le doryphore, il existe des traitements naturels (Bacillus thuringiensis) autorisés par les deux systèmes de culture. Au fil des années, ce sont 95 % de substances toxiques en moins qui ont été pulvérisées dans le système biologique et 100 % en moins dans le système biodynamique par rapport au système conventionnel. Cela est important non seulement pour les insectes, mais aussi pour obtenir des aliments non contaminés et une eau potable de qualité.

Un sol bio plus vivant et plus riche en humus

A long terme, l’exploitation différenciée des parcelles DOC a durablement influencé les conditions de vie des micro-organismes. Les bactéries, les champignons et les organismes unicellulaires semblent préférer les parcelles fertilisées de façon organique, et la présence d’une communauté microbienne nettement plus diversifiée assure le maintien du cycle des nutriments en période de sécheresse également. Lors d’une étude de modélisation réalisée dans le cadre sa thèse, Martina Lori a montré qu’en période de sécheresse les sols bio minéralisaient davantage l’azote issu d’un engrais vert de légumineuses et que la culture test de ray-grass absorbait par conséquent une plus grande quantité d’azote (page 14).

En outre, l’agriculture bio favorise tout particulièrement la diversité des mycorhizes et les coléoptères utiles. Dans les sols cultivés selon les méthodes biologiques, la masse des micro-organismes est supérieure de 30 % environ et dans les sols cultivés selon les méthodes biodynamiques de 60 % environ par rapport aux parcelles conventionnelles.

Des chiffres qui correspondent à la tendance globale. Le FiBL a évalué dans le cadre de deux grandes méta- analyses une série d’études internationales portant sur la teneur en humus et l’activité biologique. Résultats: dans les sols bio, l’humus contenait jusqu’à 3,2 t de carbone en plus par hectare et l’activité y était supérieure de 84 %. Notons que dans les variantes bio, non seulement la communauté des organismes du sol était plus riche, mais la flore messicole était également plus diversifiée. Preuve supplémentaire que les espèces vivant en surface et sous terre s’influencent mutuellement.

L’agriculture bio plus favorable au climat

Si l’agriculture est affectée par le changement climatique, elle y contribue également. Les mesures effectuées dans l’essai DOC ont montré que les émissions de gaz à effets de serre étaient inférieures de 36 % dans les parcelles biologiques et de 61 % dans les parcelles biodynamiques. Cela est lié d’une part à l’utilisation réduite de l’azote dans les systèmes bio et, d’autre part, à une meilleure structure du sol, à un pH stable et à des communautés microbiennes capables de transformer le protoxyde d’azote en azote élémentaire inoffensif. En conclusion, le système biodynamique est particulièrement favorable au climat, car il conserve le carbone dans le sol de manière optimale, sous forme d’humus.

Paul Mäder, directeur du Département des sciences du sol au FiBL

Essai de longue durée DOC

Financement principal : Office fédéral de l’agriculture;

Financement : Fonds national suisse de la recherche scientifique, Union européenne, divers investisseurs nationaux et internationaux

Données clés : dans le cadre de l’essai DOC de longue durée mené à Therwil, en Suisse, des agriculteurs et des chercheurs collaborent depuis 1978 à l’élaboration de bases de connaissances destinées aux décideurs, qu’ils soient responsables politiques ou acteurs de la société civile. Les résultats obtenus lors de cet essai ont été présentés dans près de 120 publications scientifiques et une multitude d’articles spécialisés et d’exposés élaborés par des instituts nationaux et internationaux renommés. L’essai DOC sert en outre de modèle aux multiples tentatives d’essais comparatifs de systèmes à travers le monde. En Suisse, le Secrétariat d’Etat à la formation, à la recherche et à l’innovation a récemment inscrit l’essai DOC sur la feuille de route des infrastructures de recherche suisses, qui répertorie les plus prestigieuses unités de recherche nationales. La gestion des installations, ainsi que la collecte et l’exploitation des données scientifiques sont assurées par le FiBL Suisse en coopération avec l’institut de recherche public Agroscope. Le maïs, le blé d’automne, les pommes de terre, le trèfle et le soja sont cultivés en rotation.

L’agriculture biodynamique est bénéfique au climat

Les recherches actuelles montrent que les effets de l’agriculture biodynamique tiennent la route face à un examen scientifique. L’essai DOC de l’institut de recherche de l’agriculture biologique FiBL est mené depuis 1978 en coopération avec l’institut de recherche national Agroscope. Cet essai compare entre eux, de façon pratique et sur un même site, les systèmes d’agriculture biodynamique (D), biologique (O) et conventionnelle (C) pour des cultures agricoles telles que le blé, les pommes de terre, le maïs, le soja ou encore le trèfle.

Effet sur le climat de divers systèmes de culture dans le cadre de l’essai DOC. L’effet est composé des émissions de protoxyde d’azote et de méthane et des modifications des taux de carbone dans le sol (humus).

La question initiale était de savoir si l’agriculture biologique était réellement possible malgré la pression naturelle des mauvaises herbes et des parasites et si elle pouvait produire un rendement suffisant. Les résultats démontrent qu’il est possible d’obtenir de bons rendements et, qui plus est, de très haute qualité. Dans la méthode d’agriculture biodynamique, la teneur en humus dans le sol est restée stable pendant les 21 premières années – tandis qu’une baisse a été constatée pour les autres méthodes.

Les sols cultivés selon les méthodes de l’agriculture biodynamique renferment davantage d’humus, présentent une plus grande activité biologique, sont plus riches en espèces et produisent moins de gaz à effets de serre. En outre, ils transforment de manière plus efficace l’énergie et les nutriments, avec pour corollaires de meilleurs rendements.

Les détails de l’essai DOC :

Source : rapport d’activité 2018 du FiBL, pages 38-40, consultable en ligne ici.

Une protection comparable à la peau humaine

L’humus issu de la décomposition des résidus végétaux depuis des milliers d’années recouvre le sous-sol des régions fertiles de notre planète, formant une couche de protection comparable à la peau humaine. L’agriculture intensive actuelle, fondée sur l’utilisation de grandes quantités d’engrais chimiques et de produits phytosanitaires et sur l’emploi de lourds engins agricoles, détruit nos sols. Ainsi, l’érosion a d’ores et déjà causé la perte d’environ un tiers des terres arables fertiles dans le monde. En Suisse, nos sols sont cultivés selon des méthodes moins intensives par des agriculteurs adéquatement formés et soutenus par un système de paiements directs ingénieux.

Pourtant, les sols cultivés selon les méthodes de l’agriculture biologique et, plus particulièrement, de l’agriculture biodynamique renferment davantage d’humus, présentent une plus grande activité biologique, sont plus riches en espèces et produisent moins de gaz à effets de serre. En outre, ils transforment de manière plus efficace l’énergie et les nutriments, avec pour corollaires de meilleurs rendements. C’est ce que montrent les résultats de l’essai mené depuis 1978 à Therwil, près de Bâle, qui compare les systèmes de culture biodynamique, organo-biologique et conventionnel (essai DOC).

Des différences visibles à l’œil nu

Il suffit de marcher dans le champ de l’essai DOC après une forte pluie pour s’apercevoir que les parcelles cultivées selon les méthodes bio sont moins boueuses. Une simple bêche permet de percer ce mystère: les sols cultivés en agriculture bio sont truffés de galeries de lombric, qui favorisent l’infiltration de l’eau de pluie dans le sol.

Quant aux pommes de terre, on constate que les conventionnelles sont nettement plus grosses que les bio, et cela n’est pas un hasard: les pommes de terre conventionnelles reçoivent en moyenne deux fois plus d’engrais et 12 pulvérisations de produits phytosanitaires contre les adventices, les champignons et les insectes. En poursuivant la visite des installations de l’essai, on découvre le blé bio, bien droit et un peu plus haut, car il n’est pas pulvérisé de régulateurs de croissance chimiques qui le maintiennent à une certaine hauteur pour l’empêcher de plier sous les rafales de vent.

Les systèmes bio ont des rendements plus faibles, mais une production plus efficace

En termes de rendements moyens, le procédé conventionnel est supérieur à tous les autres procédés de culture. En agriculture biologique, la récolte est en moyenne inférieure de près de 20 %. Fait notable: la différence de rendement entre le système biologique et le système conventionnel est restée stable tout au long de ces 40 dernières années, car les systèmes bio ont permis de maintenir la fertilité des sols. Dans les variantes bio, la production est assurée avec environ 50 % d’engrais et d’énergie en moins; elles sont donc plus efficaces et respectueuses de l’environnement.

Les différences entre les systèmes biologique et biodynamique sont tout aussi intéressantes. Bien que les rendements des pommes de terre dans le système biologique soient environ 15 % plus élevés que ceux du système biodynamique grâce aux pulvérisations de cuivre, les rendements de blé biodynamique ces dernières années sont supérieurs de 20 % environ à ceux du système bio. Ce surcroît s’explique vraisemblablement par une meilleure structure du sol et par une plus grande activité biologique, ainsi que par l’utilisation dans le système biodynamique de variétés de blé bio adaptées, provenant du sélectionneur de céréales Peter Kunz.

Une eau potable de qualité grâce à l’agriculture bio

Dans le procédé biodynamique, les sols sont traités avec du fumier composté et des préparations biodynamiques; dans le procédé biologique, les parcelles d’essai reçoivent du fumier et dans le procédé conventionnel des engrais chimiques et du fumier. Dans les parcelles biodynamiques, on renonce entièrement aux produits phytosanitaires, tandis qu’on utilise du cuivre pour protéger des maladies les pommes de terre cultivées selon les méthodes bio. Contre le doryphore, il existe des traitements naturels (Bacillus thuringiensis) autorisés par les deux systèmes de culture. Au fil des années, ce sont 95 % de substances toxiques en moins qui ont été pulvérisées dans le système biologique et 100 % en moins dans le système biodynamique par rapport au système conventionnel. Cela est important non seulement pour les insectes, mais aussi pour obtenir des aliments non contaminés et une eau potable de qualité.

Un sol bio plus vivant et plus riche en humus

A long terme, l’exploitation différenciée des parcelles DOC a durablement influencé les conditions de vie des micro-organismes. Les bactéries, les champignons et les organismes unicellulaires semblent préférer les parcelles fertilisées de façon organique, et la présence d’une communauté microbienne nettement plus diversifiée assure le maintien du cycle des nutriments en période de sécheresse également. Lors d’une étude de modélisation réalisée dans le cadre sa thèse, Martina Lori a montré qu’en période de sécheresse les sols bio minéralisaient davantage l’azote issu d’un engrais vert de légumineuses et que la culture test de ray-grass absorbait par conséquent une plus grande quantité d’azote (page 14).

En outre, l’agriculture bio favorise tout particulièrement la diversité des mycorhizes et les coléoptères utiles. Dans les sols cultivés selon les méthodes biologiques, la masse des micro-organismes est supérieure de 30 % environ et dans les sols cultivés selon les méthodes biodynamiques de 60 % environ par rapport aux parcelles conventionnelles.

Des chiffres qui correspondent à la tendance globale. Le FiBL a évalué dans le cadre de deux grandes méta- analyses une série d’études internationales portant sur la teneur en humus et l’activité biologique. Résultats: dans les sols bio, l’humus contenait jusqu’à 3,2 t de carbone en plus par hectare et l’activité y était supérieure de 84 %. Notons que dans les variantes bio, non seulement la communauté des organismes du sol était plus riche, mais la flore messicole était également plus diversifiée. Preuve supplémentaire que les espèces vivant en surface et sous terre s’influencent mutuellement.

L’agriculture bio plus favorable au climat

Si l’agriculture est affectée par le changement climatique, elle y contribue également. Les mesures effectuées dans l’essai DOC ont montré que les émissions de gaz à effets de serre étaient inférieures de 36 % dans les parcelles biologiques et de 61 % dans les parcelles biodynamiques. Cela est lié d’une part à l’utilisation réduite de l’azote dans les systèmes bio et, d’autre part, à une meilleure structure du sol, à un pH stable et à des communautés microbiennes capables de transformer le protoxyde d’azote en azote élémentaire inoffensif. En conclusion, le système biodynamique est particulièrement favorable au climat, car il conserve le carbone dans le sol de manière optimale, sous forme d’humus.

Paul Mäder, directeur du Département des sciences du sol au FiBL

Essai de longue durée DOC

Financement principal : Office fédéral de l’agriculture;

Financement : Fonds national suisse de la recherche scientifique, Union européenne, divers investisseurs nationaux et internationaux

Données clés : dans le cadre de l’essai DOC de longue durée mené à Therwil, en Suisse, des agriculteurs et des chercheurs collaborent depuis 1978 à l’élaboration de bases de connaissances destinées aux décideurs, qu’ils soient responsables politiques ou acteurs de la société civile. Les résultats obtenus lors de cet essai ont été présentés dans près de 120 publications scientifiques et une multitude d’articles spécialisés et d’exposés élaborés par des instituts nationaux et internationaux renommés. L’essai DOC sert en outre de modèle aux multiples tentatives d’essais comparatifs de systèmes à travers le monde. En Suisse, le Secrétariat d’Etat à la formation, à la recherche et à l’innovation a récemment inscrit l’essai DOC sur la feuille de route des infrastructures de recherche suisses, qui répertorie les plus prestigieuses unités de recherche nationales. La gestion des installations, ainsi que la collecte et l’exploitation des données scientifiques sont assurées par le FiBL Suisse en coopération avec l’institut de recherche public Agroscope. Le maïs, le blé d’automne, les pommes de terre, le trèfle et le soja sont cultivés en rotation.

Des semences biologiques pour des céréales et des légumes essentiels et plein de vitalité

Ci-dessous, la liste non exhaustive des éléments grâce auxquels les producteur-trice-s Demeter cultivent des plantes et végétaux vigoureux et robustes:

  • par un entretien consciencieux et rigoureux du sol
  • grâce à une terre meuble et riche en humus
  • par des mesures de soutien et de valorisation des organismes présents dans les sols
  • travail en collaboration avec les rythmes naturels, entre autres celui du temps et des saisons
  • grâce à l’utilisation des préparations biodynamiques
  • grâce à la diversification et la rotation des cultures
  • grâce à la création et la protection d’un environnement favorable pour les insectes et organismes dits “utiles”

Tous les éléments précédemment cités sont consciemment équilibrés, permettant ainsi à la plante de déployer tout son potentiel.

Sélection végétale biodynamique

La culture biologique dépend de variétés adaptées à l’agriculture extensive : c’est à dire moins exigeantes en matière de soin et plus tolérantes face aux maladies et aux insectes nuisibles. La sélection végétale biodynamique vise à promouvoir et favoriser des plantes vigoureuses tout en accroissant la diversité des variétés.

Les producteur-trice-s Demeter obtiennent leur semences soit en les sélectionnant directement dans leurs propres récoltes soit en s’approvisionnant auprès de semencier-e-s biodynamiques et biologiques. Grâce à une sélection ciblée, ces dernier-e-s améliorent en permanence les variétés éprouvées; il-elle-s obtiennent des céréales digestes et bien tolérées, des fruits et légumes riches en arôme qui ont une longue durée de conservation.

Jardiner selon le calendrier biodynamique

Le calendrier biodynamique indique, les différentes phases de la lune – mais aussi ses orbites ascendantes et descendantes. Il indique également les jours feuilles, fleurs, fruits et racines ainsi que les heures particulièrement propices à la réalisation de travaux dont la plantation des végétaux par exemple. Ce calendrier est le compagnon indispensable pour tous ceux-celles qui veulent travailler en collaboration avec les forces de la nature.

Ici on trouve des semences, des plantes, des arbustes et des arbres fruitiers en qualité Demeter:

traube_webSoutenir et renforcer la nature

C’est en se tournant vers la nature que Demeter obtient cette qualité si particulière. Les critiques et oenologues font l’éloge des vins biodynamiques et de leurs qualités. Les séminaires sur le thème des vins biodynamiques sont très prisés, et les viticulteur-trice-s sont de plus en plus nombreux à opter pour la culture biodynamique.

La culture de la vigne en biodynamie signifie et implique :

  • une grande diversité écologique au sein du vignoble
  • un travail de la vigne axé sur la qualité
  • les plantes et les sols sont stimulés grâce à l’usage des préparations biodynamiques
  • travail en collaboration avec les rythmes naturels, entre autres celui du temps et des saisons
  • création de conditions de vie favorables pour les insectes et organismes dits „utiles“

Un précieux breuvage grâce à des vignobles redynamisés

  • Des raisins mûrs pour pour des saveurs variées et beaucoup d’arômes
  • Des vignes pleines de forces grâce aux préparations biodynamiques
  • La vie du sol est assurée grâce à un compost soigneusement préparé
  • Un travail méticuleux dans le vignoble et dans la cave pour des produits de grande qualité
  • Garantis sans pesticides chimiques de synthèse ni engrais artificiels

Un savoir-faire subtil dans la cave

Un travail minutieux dans la cave est effectué selon les directives strictes de la biodynamie; c’est avant tout ici que la grande qualité du raisin est mise en évidence. L’objectif est que le goût du terroir puisse se révéler dans le vin.

Pourquoi chaque ferme est unique

Chaque ferme est unique. Le lieu, le climat et les conditions du sol constituent les conditions de base, l’homme les façonne de manière originale et créative. Pour les producteurs*trices biodynamiques, les conditions climatiques et géographiques créent à la fois des opportunités mais fixent aussi des limites. Il faut produire ce qui peut l’être en tenant compte des conditions climatiques et locales.

L’objectif est de créer un cycle de produits aussi fermé que possible. Et ce dans le but de renforcer le caractère individuel de la ferme.¹

Notre vision

L’individualité des fermes/domaines se développe et se trouve renforcée dès lors que la ferme :

  • est aussi autonome que possible
  • qu’elle peut subvenir autant que possible à ses propres besoins en matière de fourrage et produire elle-même son propre engrais (fumier)
  • qu’elle crée différents habitats écologiques, culturels et sociaux qui soient à la fois variés et propices pour le développement futur des plantes, des animaux et des hommes
  • qu’elle gère de manière judicieuse les ressources naturelles pour en éviter la surexploitation et la surconsommation

 

¹ Cycle de produits fermé : La base fourragère est donnée et détermine le nombre d’animaux, celui-ci à son tour détermine la quantité d’engrais. Toute la production d’une ferme biodynamique s’adapte à ces conditions. La coopération entre humains, animaux et plantes au sens d’un cycle clos et d’une évolution, fait de la ferme/domaine un «organisme agricole», une «individualité agricole».

L’usage de la fumure a pour but de rendre le sol plus fertile. Dans l’agriculture biodynamique, on entend par fertilisation non seulement le fait de rendre le sol propice pour la culture et la récolte, mais aussi, de façon plus générale, le fait de le rendre plus riche et plus vivant.

Par quels moyens parvient-on à améliorer la fertilité des sols et à accroître la couche d’humus ?

  • l’engrais produit par l’élevage des animaux est traité de manière biodynamique
  • on opère une rotation équilibrée des cultures
  • on utilise des préparations biodynamiques

Les préparations biodynamiques

Les préparations biodynamiques sont élaborées à base de certaines plantes. Les directives Demeter prescrivent comment elles doivent être employées.

Les préparations é pulverisation : Bouse de corne (500 et 500P) | La silice de corne (501l

Les préparations destinées au compost et au fumier:

  • L’achillée millefeuille (Achillea millefolium) – 502
  • La camomille officinale (Matricaria chamomilla) – 503
  • La grande ortie (Urtica dioica) – 504
  • L’écorce de chêne pédonculé/rouvre (Quercus robur) – 505
  • Le pissenlit, ou dent-de-lion (Taraxacum officinalis) – 506
  • La valériane (Valeriana officinalis) – 507

Les préparations biodynamiques à doses homéopathiques permettent d’améliorer sensiblement la qualité du sol et des végétaux. En effet, le sol s’enrichit en humus, la terre est plus meuble de sorte que sa structure est d’avantage perméable à l’eau et laisse mieux circuler l’air. Cela crée un climat favorable au développement des micro-organismes qui eux même stimulent et accroissent la vie et l’activité du sol. On trouve en effet les vers de terre présents en grande quantité dans les sols cultivés en biodynamie ; et ce sont eux les véritables maîtres de l’ameublissement et de la revitalisation des sols. (Cf. Essai DOC)

Les préparations visent à dynamiser les processus naturels

Ce sont des outils qui ont un effet de “régulation du système” afin de soutenir la sphère d’action complexe du vivant.

La bouse de corne (500) est l’une des préparations centrales de la biodynamie, certainement la plus utilisée avec la silice de corne (501) et les préparations pour le compost. À ce titre, elle fait l’objet de nombreux travaux de recherche visant à caractériser ses effets et comprendre son mode d’action.

Les textes suivants retracent les principaux résultats publiés dans des revues scientifiques académiques et s’intéressent par conséquent essentiellement aux propriétés physiques et microbiologiques de la bouse de corne, ainsi qu’à ses effets sur le sol et la physiologie de la plante.

Source : Article de Martin Quantin, ingénieur agronome et coordinateur de l’association Biodynamie Recherche, publié dans le n°112 de la revue Biodynamis (hiver 2020).

Propriétés moléculaires

Des chercheurs italiens se sont  intéressés à la composition moléculaire de la bouse de corne. Leur étude révèle une composition complexe : des dérivés de la lignine (partie fibreuses des plantes), des polysaccharides (sucres) végétaux et des composants lipidiques (graisses) linéaires et cycliques d’origine végétale et microbienne. Cette composition est similaire à celle des différents composts et fumiers utilisés en agriculture, mais elle montre un degré d’humification plus faible. Que signifie cette propriété importante ? Dans un compost mûr normal, les processus d’humification ont conduit à une décomposition des substances instables (comme les glucides) et une accumulation des composés stables, menant à une stabilisation biologique de la substance initiale. Ce processus de stabilisation semble en revanche moins avancé dans la bouse de corne. La matière organique y présente une teneur supérieure en molécules instables et en dérivés aromatiques de la lignine. Cela lui confère potentiellement une activité biologique supérieure.

Composition microbiologique et activité biologique

En 2013, cette même équipe a étudié la composition microbiologique de la bouse de corne et recherché l’existence de substances reconnues pour leur activité biostimulante sur les plantes, comme des enzymes ou des hormones dont l’activité est perceptible à très faible dose. Ils ont déterminé que la préparation 500 présente un haut niveau d’activité enzymatique spécifique. Par ailleurs, les auteurs ont identifié plusieurs molécules qui agissent comme des hormones végétales de type auxine, qui est l’une des cinq hormones principales chez les végétaux. L’auxine intervient notamment dans le développement des différentes parties de la plante, ainsi que dans sa ramification.

Comme pour les substances humiques obtenues à partir de composts jeunes ou de lombricompost, la grande quantité de résidus de lignine non dégradés trouvés dans la préparation 500 peut expliquer son activité biostimulante pour les plantes et les microorganismes du sol. De plus, il n’est pas improbable que sa forte teneur en glucides et en peptides puisse déclencher une prolifération microbienne et, par conséquent, une plus grande activité rhizosphérique.

Estimation de la quantité appliquée dans un sol

Ces mêmes auteurs présentent une approche intéressante sur la question des dilutions. On considère souvent que les préparations biodynamiques ne peuvent pas agir en raison des faibles quantités utilisées. Qu’en est-il vraiment au regard des connaissances scientifiques actuelles? Déterminons d’abord la dilution de la bouse de corne appliquée sur un champ. Le protocole en biodynamie prescrit la pulvérisation d’environ 100 g de bouse de corne dans 25 à 50 l d’eau pour un hectare. Dans quel volume d’eau  arrive cette quantité de préparation ? Le poids d’un hectare de terre, en considérant une profondeur de 0 à 20 cm comme utile aux racines, est d’environ 2 000 t. L’eau contenue dans le sol représente en moyenne ¼ de son poids et est donc de 500 t, soit 500 000 l. Donc, appliquer 100 g de bouse de corne sur un hectare correspond à faire une dilution de ces 100 g dans 500 000 l d’eau. On obtient une concentration de 0,0002 g/l. Les auteurs considèrent ensuite que la bouse de corne est avant tout constituée de molécules de faible poids moléculaire, qu’ils estiment à 250 g/mol. Ils obtiennent donc une dilution de l’ordre du micromolaire (10-6 M). Une telle concentration est à considérer comme très élevée en termes d’activité biologique. En effet, le niveau actuel de la connaissance scientifique montre de nombreuses preuves d’activité, à des niveaux de dilutions extrêmement faibles, des composés d’origine microbienne efficaces dans le déclenchement de changements physiologiques chez les plantes. Les auteurs donnent pour exemple que les composés induisant la nodulation des légumineuses commencent leur activité à des concentrations aussi faibles que 0,1 nanomolaire (10-10 M), donc à des concentrations 10000 fois plus faibles. De plus, il existe plusieurs exemples de molécules actives à des concentrations femtomolaires (10-15 M).

Ainsi, en supposant que les 100 g de la préparation 500 ne sont évidemment pas constitués d’une substance active pure, même si les principes actifs qu’elle contient sont inférieurs à 1/10 000e de son poids, ils seront déjà délivrés à une concentration de 10-10 M. Il n’est donc pas surprenant qu’une application des doses prescrites soit tout à fait capable de faire entrer dans le sol des signaux moléculaires qui se situent bien dans les plages connues d’activité biologique.

Rôle de la corne dans la maturation de la 500

Evolution des populations bactériennes et fongiques de la bouse de corne au fil de la maturation.

Dans la continuité de ces recherches, une nouvelle étude de ce groupe de chercheurs est sortie en préprint en août 2020. Ils ont cherché à savoir ce qu’il se passe dans la bouse lorsqu’elle séjourne dans la corne pendant l’hiver. Ils ont observé et analysé les populations bactériennes et fongiques à différents stades de maturation de la 500, depuis la bouse fraîche jusqu’au produit fini (150 jours de maturation). Sans rentrer dans les détails des souches microbiennes dénombrées, les comptages ont montré un renversement entre champignons et bactéries. Alors que les champignons sont dominants dans la bouse fraîche, ce rapport est inversé dès la mise en terre. Au bout de 85 jours, il y a une stabilisation de l’évolution. Ce qui est remarquable, c’est que le rapport final entre bactéries et champignons se rapproche de celui du sol (voir la figure 1). Ces résultats montrent bien qu’il se passe quelque chose au sein de la corne.

Ce qui est intéressant, d’après les chercheurs, est la présence du genre fongique des Onygenales (du latin onyx = ongle), connu pour sa capacité à dégrader la kératine, la protéine fibreuse constitutive des poils, cheveux, ongles, sabots et cornes, ainsi que de la partie extérieure de la peau et des muqueuses. Ces champignons sont dominants dans la bouse de vache fraîche, où ils se nourrissent notamment des résidus de la muqueuse digestive des ruminants. Lorsque la bouse est placée dans la corne, ils sont directement en contact avec une masse importante de kératine. Ils se développent donc abondamment en digérant cette protéine, qui est une particulièrement riche en soufre, libérant ainsi dans la bouse des nutriments soufrés importants pour le métabolisme des autres microorganismes et pour la vie du sol. Ainsi, ces champignons joueraient un rôle catalytique dans la maturation de la 500, en lien intime avec la corne de vache.

Influence de la corne

Afin d’évaluer l’importance de la corne dans le processus, ces chercheurs ont également observé l’évolution de la bouse dans des cornes en plastique ainsi que dans des cornes enveloppées totalement ou partiellement de cellophane. Les résultats ont montré que seules deux combinaisons permettaient une évolution complète de la bouse de corne : les vraies cornes nues ainsi que celles recouvertes de cellophane, mais laissant l’orifice ouvert. Par conséquent, deux aspects semblent essentiels dans l’élaboration : a) la présence d’une corne kératinisée, qui ne peut pas être remplacée par du plastique et b) une entrée pour les échanges gazeux. On comprend également mieux pourquoi les bonnes pratiques d’élaboration des préparations recommandent d’utiliser les cornes 4 à 5 ans au plus, car passé cette période, les cornes deviennent molles du fait de la dégradation de la kératine.

 

Ces résultats sont à mettre en perspective avec une étude approfondie menée par un groupe de chercheurs américains. Une première expérience a impliqué quatre sites en culture biodynamique dans les États de New-York, d’Oregon, de Virginie et de Californie. Dans chaque site, cornes de vache, cornes de taureau et pots en verre (répliqués trois fois) ont été remplis de bouse de vache et enterrés pendant l’hiver. Partout, la substance finale issue des cornes de vaches avait des qualités sensorielles proches d’un compost mûr au terme d’une fermentation aérobie, que tous les praticiens connaissent bien : couleur noire, odeur de sous-bois et texture colloïdale. La plupart des cornes de taureau produisirent une substance similaire, mais, dans quelques-unes, cette transformation fut moins achevée. Les échantillons issus des pots étaient en revanche différents : l’odeur était neutre, et la substance plus fibreuse.

L’analyse chimique des échantillons montra une teneur en azote significativement supérieure dans la substance issue des cornes de vache ou de taureau (2.2%) par rapport aux pots de verre (1.8%). La teneur en carbone fut en revanche la même dans les différents contenant (35% en moyenne).

Ainsi, les chercheurs ne décelèrent aucune perte en matière azotée (par rapport au fumier d’origine) lors de la fermentation dans les cornes, alors que cette perte s’éleva à 37% dans les pots. L’activité respiratoire (qui mesure le métabolisme bactérien) était par ailleurs inférieure pour les cornes. La fermentation au sein de la corne correspondait donc à un processus aérobie conduisant à une perte de carbone sans perte d’azote, et caractérisé par un métabolisme réduit.

Essais en laboratoire

Application d’une dose de bouse de corne

Une autre méthodologie pour analyser la bouse de corne est le développement d’essais spécifiques en laboratoire. Dans la ferme du Dottenfelderhof, en Allemagne, un essai biologique fut mis en point pour étudier ses effets. L’objectif de ce travail est de produire des données robustes et fiables grâce à un dispositif expérimental contrôlé et facilement reproductible. Ainsi, Alain Morau s’est inspiré d’un protocole développé par des chercheurs en médecine intégrative pour tester l’influence d’une substance fortement diluée (dans leur cas, le gui) sur le développement et la morphologie du cresson. Le principe consistait à observer les premiers stades de développement de graines de cresson cultivées en hydroponie dans une solution ayant reçu différentes concentrations de bouse de corne dynamisée (0.1 µl et 1µl, plus une modalité de contrôle sans préparation).

Les résultats de cette étude, publiés en 2019 dans un premier article, sont les suivantes :

  1. La croissance des racines de cresson, au stade précoce de la croissance, était très sensible aux effets de la bouse de corne.
  2. L’effet de la bouse de corne variait fortement au fil des lots, mais il était stable sur des périodes de plusieurs mois.
  3. Un mode d’action stabilisateurétait statistiquement significatif, de sorte que la croissance racinaire était stimulée lorsque la croissance moyenne était faible, et qu’elle était réduite dans les lots à croissance moyenne à forte. Ceci indique la possibilité d’accroître la résilience du système agricole dans la pratique.

Effet compensatoire

Afin de mieux comprendre cet effet stabilisateur ou compensatoire, une deuxième série d’expériences a été conduite. Il s’agissait d’étudier les interactions entre la bioactivité de la 500 et les facteurs suivants : un surdosage d’eau (entraînant un manque d’oxygène pour les racines), un stress lié à la gravistimulation, et l’exposition à la lumière fluorescente. L’idée sous-jacente est la suivante : lorsque la plante est soumise à un stress raisonnable (qui ne compromet pas son développement), alors l’application de 500 peut l’aider à récupérer. On peut également dire que le stress donne plus de possibilités à la 500 de montrer ses effets.

Les conclusions de cet essai, publiées dans un second article, sont les suivantes : l’activité de la bouse de corne semble consister en un mode d’action compensatoire vis-à-vis des facteurs de stress que sont le surdosage en eau et la gravistimulation. La 500 semble interagir avec les systèmes sensoriels de la plante, stimulant probablement l’adaptabilité de la plante à son environnement en augmentant les processus d’autorégulation.

Cet effet compensatoire des préparations biodynamiques (pas seulement la 500) a encore récemment été confirmé par une étude de Jürgen Fritz et ses collègues qui portait sur cinq parcelles de vigne en Bourgogne. L’hypothèse était que l’ajout de préparations influence la diversité fonctionnelle microbienne de manière spécifique au vignoble. Et c’est effectivement ce qui a été observé : selon la nature du sol, l’application des préparations 500P et 501 a provoqué de forts effets qui paraissent contradictoires à la première lecture, mais qui soutiennent justement l’hypothèse déjà avancée par d’autres chercheurs : les préparations biodynamiques auraient une action régulatrice et équilibrante sur le milieu, et cet effet serait variable selon le contexte agronomique et pédologique.

Influence sur les réseaux fongiques du sol

Organisation spécifique des communautés fongiques dans les sols selon les modes de culture.

Une équipe de chercheurs espagnols et américains a analysé les microorganismes provenant de 350 échantillons de sols de vignobles aux États-Unis et en Espagne. Les premiers résultats (preprint) indiquent que dans un seul écosystème, le mode de culture (conventionnel, biologique ou biodynamique) peut déterminer deux stratégies de rassemblement des communautés fongiques dans le sol : un habitat généraliste dans les sols traités en biodynamie, ou un habitat spécialisé dans les sols traités en conventionnel.

Comme indiqué sur la figure ci-dessus, les communautés fongiques, favorisées par la gestion biodynamique, peuvent ressembler à une structure communautaire proche de celle des environnements sauvages, basés sur la coopération, par opposition à l’environnement hautement spécialisé que l’on trouve dans les vignobles cultivés de manière conventionnelle. Sur cette base, nous pouvons émettre l’hypothèse que les communautés fongiques qui donnent naissance à des réseaux communautaires de collaboration peuvent être plus résistantes à l’environnement, en constante évolution imposée par le changement climatique et l’utilisation des terres.

Conclusion

L’observation de la littérature scientifique sur la bouse de corne nous montre des résultats passionnants sur les propriétés et les qualités de cette étonnante substance.

Propriétés moléculaires de la préparation bouse de corne (500) utilisée en agriculture biodynamique

Résumé et conclusion d’un article de R. Spaccini et al. publié dans la revue Environmental Science and Pollution Research volume 19, pages 4214–4225 (2012)
Titre original : Molecular properties of a fermented manure preparation used as field spray in biodynamic agriculture. Lire l’article original

Résumé

Les produits de fumier fermentés sous terre dans des cornes de vache et couramment utilisés comme pulvérisation des champs (préparation 500) dans le système d’agriculture biodynamique, ont été caractérisés pour leur composition moléculaire par spectroscopie de résonance magnétique nucléaire à l’état solide [RMN à polarisation croisée 13C (13C-CPMAS-RMN)], par chromatographie en phase gazeuse, thermochemolyse à l’hydroxyde de tétraméthylammonium et par spectrométrie de masse. La thermochemolyse et la spectroscopie RMN ont toutes deux révélé une structure moléculaire complexe, dont les composants prédominants sont des dérivés aromatiques de la lignine, des polysaccharides et des composés alkylés. Les spectres CPMAS-RMN de préparations biodynamiques ont montré une distribution du carbone avec un caractère globalement peu hydrophobe et une contribution significative des dérivés lignocellulosiques. Les résultats de la thermochemolyse ont confirmé la caractéristique mise en évidence par la spectroscopie RMN, révélant une composition moléculaire basée sur des composants alkyles d’origine végétale et microbienne et l’incorporation stable de dérivés de la lignine. La présence de composants biolabiles et de composés de lignine non décomposés dans la préparation 500 doit être attribuée à son processus de maturation particulièrement lent, par rapport aux procédures de compostage courantes. Nos résultats fournissent, pour la première fois, une caractérisation scientifique d’un produit essentiel dans l’agriculture biodynamique, et montrent que les préparations biodynamiques semblent être enrichies de composants biolabiles et, par conséquent, potentiellement propices à la stimulation de la croissance des plantes.

Conclusions

La caractérisation moléculaire détaillée de trois préparations différentes de BD 500 obtenues par spectres RMN à l’état solide et par thermochemolyse TMAH révèle une composition moléculaire complexe, permettant d’identifier un large éventail de structures moléculaires différentes. Les dérivés de la lignine, les polysaccharides végétaux et les composants lipidiques linéaires et cycliques d’origine végétale et microbienne ont été reconnus comme les principaux composants de la préparation biodynamique 500 obtenue à partir de bouse de vache. En particulier, l’identification de divers biomarqueurs de la lignine et des lipides par thermochemolyse peut devenir utile pour retracer l’origine des produits biodynamiques, estimer leur transformation dans le sol et relier leur structure à la bioactivité sur les plantes.

La spectroscopie RMN et la thermochemolyse indiquent toutes deux que les résidus lignocellulosiques sont incorporés dans une large mesure dans la préparation biodynamique 500, avec une quantité importante de molécules labiles légèrement décomposées. Parallèlement, la conservation sélective de molécules d’alkyle récalcitrantes dans la préparation 500 s’est également accompagnée d’une conservation de molécules d’alkyle moins stables et de biomarqueurs microbiens, de sorte que la récalcitrance biochimique de ce produit biodynamique peut être inférieure à celle que l’on observe habituellement dans un compost mature ayant subi une fermentation aérobie complète. Ces propriétés moléculaires suggèrent que la préparation 500 pourrait être plus biolabile dans le sol que le compost ordinaire et, en raison d’une forte teneur en dérivés aromatiques de la lignine, devenir potentiellement plus bioactive pour la croissance des plantes.

Malgré le scepticisme sur la raison d’être des préparations agricoles biodynamiques, ce système trouve de plus en plus d’applications pratiques, principalement en tant que technique complémentaire de l’agriculture biologique à petite échelle, avec une capacité reconnue à maintenir les rendements des cultures et à améliorer la santé des sols. Nos résultats sur la composition moléculaire de trois préparations différentes 500 fournissent non seulement la base scientifique d’une différenciation moléculaire entre ces préparations et d’autres matières compostées, mais suggèrent également que ces différences peuvent être la cause de la bioactivité observée de ce produit biodynamique.

L’espace au sein duquel se pratique l’agriculture s’étend depuis les profondeurs de la terre, là où croissent les racines jusque par delà le soleil.

La terre suit son propre rythme. La rotation qu’elle effectue en 24 heures sur son axe est comme une pulsation que l’on peut ressentir dans l’alternance du jour et de la nuit. Les saisons, qui sont déterminées par le soleil, la lune et ses différentes phases ainsi que les planètes d’un point de vue géocentrique, sont eux aussi des facteurs intervenant dans la croissance des plantes ; ils peuvent dès lors être pris en compte par les producteur*trice*s dans le cadre de leurs travail et des soins apportés aux plantes.

Le bien-être des animaux passe par le respect de leur nature

Les directives

  • Les animaux demeurent intacts, c’est à dire qu’il n’y a pas d’écornage et que leur queue ou leur bec ne sont pas amputés
  • Les animaux sont nourris en fonction de leurs besoins. Pour les ruminants, cela signifie presque exclusivement avec de l’herbe, du foin ou de l’ensilage et, le cas échéant, seulement très peu de céréales
  • L’alimentation est 100% biologique et dans la mesure du possible produite directement par la ferme elle-même.
  • au moins 80 % de fourrage doit provenir de la ferme même pour les ruminants
  • au moins 20 %  de l’alimentation  doit provenir de la ferme même pour les élevages de volaille et de porcs. Dès le 1.1.2025 ce pourcentage passera à  50 %
  • l’élevage de ruminants/chevaux dans les fermes pour préserver et accroître la fertilité du sol
  • Il est interdit de se débarrasser des poussins mâles : pour chaque poule pondeuse, un poussin mâle grandit dans des conditions conformes à la biodynamie. Plus d’infos
  • D’ici à 2030 les veaux restent au minimum 120 jours dans l’exploitation qui les a vus naître ou dans une ferme biodynamique partenaire; ce n’est qu’une fois leurs systèmes immunitaires renforcés qu’ils pouront être transférés dans une ferme d’engraissement ou d’élevage
  • En cas de maladie, l’animal est traité en première intention par la médecine alternative
  • Le respect de l’ ordonnance RAUS (exercice régulier en plein air) du gouvernement fédéral est obligatoire
  • Les animaux doivent être détenus en groupe

L’homme et l’animal sont étroitement liés

L’homme et l’animal entretiennent depuis toujours une relation étroite. Quiconque vit avec un animal de compagnie ou observe des animaux sauvages sait par expérience que les animaux peuvent éveiller en nous des sentiments tels que l’amour, la joie, mais aussi la douleur et la compassion.

  • La relation avec les animaux enrichit la vie au sein de la ferme
  • L’engrais de haute qualité qu’ils produisent assure la fertilité des sols
  • Grâce à leur lait, viande, œufs et miel ils nous fournissent de quoi nous nourrir

En faisant de l’animal son compagnon domestique, l’être humain est responsable de son bien-être. En l’observant avec empathie, les producteur-trice-s Demeter apprennent à connaître, et à comprendre les besoins propres de l’animal. Et parce qu’il-elle-s respectent leurs bêtes, il-elle-s font tout leur possible pour qu’elles se portent bien.

Cela signifie:

  • Les vaches ne sont pas écornées, elles vivent en troupeau et peuvent fréquemment s’ébattre en plein air. L’alimentation qu’elles reçoivent correspond à leur besoin et à leur nature.
  • Les poules mais également les coqs vivent et sont élevés en pouvant gratter le sol, courir et prendre leur bain de poussière quotidien.
  • Les cochons vivent en groupe et disposent de suffisamment d’espace pour que leur nature curieuse puisse s’exprimer et soit satisfaite.

Notre vision

Forts de leur expérience, les producteurs*trices Demeter ne cessent de lancer de nouveaux projets. Ces derniers pourraient marquer le début d’un changement en matière de normes et de politique agricole à plus large échelle.

L’engagement Demeter pour davantage de bien-être animal

  • « Vachement heureux » : Chaque veau issu de vache laitière a droit à une vie digne. Pendant ses premiers mois de vie, le veau tète sa mère ou une nourrice et acquiert ainsi un bon système immunitaire. Dès son plus jeune âge également, il est au pâturage avec le troupeau. Plus d’infos
  • “Abattage à la ferme” : en l’abattant à la ferme, on épargne à l’animal la séparation d’avec le troupeau, le stress du transport et celui de l’abattoir.
  • Chez Demeter, les vaches, chèvres et moutons ne peuvent pas être décornés : les directives pour l’agriculture biodynamique interdisent l’écornage ainsi que l’élevage d’animaux génétiquement dépourvus de cornes.
  • Les cornes sont des organes importants pour les ruminants : les producteurs*trices biodynamiques préservent l’intégrité des vaches, des chèvres et des moutons qui portent des cornes. Il-elle-s observent au sein de leurs troupeaux à quel point les cornes jouent un rôle important dans la communication entre les animaux.
  • Pour les vaches et les chèvres, les cornes sont l’expression de leur dignité et de leur individualité : le respect de l’être vivant est essentiel.
  • Les vaches, chèvres et moutons Demeter ne sont pas écornés : on n’adapte simplement pas les animaux aux “conditions de production”, au contraire, on construit des étables suffisamment spacieuses et adaptées aux besoins des vaches, chèvres et moutons “entiers”, qui simplement ont des cornes. Les producteurs*trices prennent le temps d’observer attentivement leurs animaux et leur troupeau afin d’établir avec eux une relation de confiance qui leur permet de se comporter de manière adéquate. Il-elle-s minimisent ainsi les risques de blessure.

Traiter de façon responsable les veaux issus de la production laitière Demeter

Des veaux en bonne santé seront en pleine forme à l’âge adulte et ce, grâce à un système immunitaire renforcé. Les fermes Demeter s’occupent principalement des veaux mâles qui n’ont pas leur place dans la production laitière.

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Élevage avicole responsable

En choisissant les œufs Demeter, les consommateurs statuent en faveur des poussins mâles et empêchent ainsi qu’ils ne soient gazés peu après leur naissance ou tués dans l’oeuf au stade d’embryon. Divers projets visent à rendre les conditions d’élevage de la volaille plus écologiques.

Les producteurs*trices Demeter soutiennent l’élevage de races de volailles extensives

  • L’objectif est que les producteurs*trices puissent reprendre la main sur la production de couvées de races de volailles extensives
  • Dès 2025, l’exploitation devra fournir elle-même au moins 50 % de l’alimentation des volailles
  • Afin d’optimiser les quantités de nourriture, l’objectif est de conserver des races extensives, car celles-ci nécessitent moins d’aliments à haute teneur en protéines

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Respecter la nature de l’animal et répondre à ses besoins – de l’élevage à l’abattage

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Les producteurs*trices Demeter peuvent regarder leurs animaux dans les yeux, même quand la mort approche.

Les directives Demeter préconisent et régissent la détention d’animaux de rente dans les fermes. Certaines fermes particulières dont la superficie est inférieure à 40 ha en sont exemptées. En ce qui concerne le cycle des matières, les ruminants, en particulier, grâce aux bouses qu’ils produisent, permettent à la ferme de fonctionner en circuit fermé. En outre, la vie de la ferme se voit enrichie par leurs différents caractères.

Il est important pour les producteurs*trices de Demeter :

  • de préserver la dignité des animaux dont ils ont la charge
  • de leur assurer une vie de qualité (élevage, alimentation)
  • de nouer une relation avec l’animal
  • de garantir à leurs bêtes une mort sans douleur ni stress.

La ferme biodynamique offre aux animaux d’élevage des conditions de vie respectueuses de leur nature. L’estime et la reconnaissance caractérisent l’attitude adoptée à l’égard des animaux. Cela inclut la mort. La priorité absolue est que l’animal ressente si peu de stress, de peur et de douleur.

L’abattage à la ferme permet d’éviter le stress

De quelle façon la vie de l’animal se termine-t-elle ? Voici une question importante pour les producteurs*trices. Il est important qu’à la fin de sa vie, l’animal subisse le moins possible de stress, de peur et de douleur.

C’est ce à quoi Demeter Suisse s’engage notamment dans les abattoirs -petits ou grands – en collaboration avec l’Association suisse pour la protection des animaux- pour que la qualité de la prise en charge des animaux vivants soit constamment améliorée. Toutes les mesures et améliorations réalisées dans un abattoir sont ensuite appliquées à tous les animaux qui y sont amenés.

Nous encourageons aussi l’abattage à la ferme car il permet aux producteurs*trices Demeter d’accompagner leurs animaux jusqu’au bout, dans le respect de leur nature. Par rapport aux processus conventionnels, cela permet d’épargner aux animaux d’être transportés vivants et de devoir attendre leur tour à l’abattoir. Ceci a une influence positive sur le niveau de stress de l’animal et par conséquent sur la qualité de la viande.

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Nous accordons une grande importance à l’élevage des abeilles. A l’heure actuelle il n’est cependant guère possible de garantir que les abeilles survolent et butinent exclusivement des zones cultivées de manière biologique. Cela signifie que seule la façon dont est géré l’élevage des abeilles peut être considérée comme rigoureusement biodynamique. Celle-ci se base sur le respect de la colonie et s’oriente de façon à répondre au mieux à ses différents besoins.

  • Recours à des produits thérapeutiques qui entrent également dans la composition naturelle du miel
  • Utilisation de rayons en cire naturels
  • La prolifération et la reproduction se fait grâce à l’essaimage
  • Les emplacements privilégiés pour les colonies d’abeilles se situent dans des zones cultivées en biodynamie
  • Le miel est traité délicatement
  • Le miel n’est jamais chauffé au-delà de la température de la ruche afin d’en préserver ses précieux composants

L’objectif est de renforcer le système immunitaire collectif

Ce n’est qu’ainsi que la colonie pourra développer sa propre réponse aux défis tels que le varroa, le couvain aigre, etc. Dans la lutte contre le varroa seul l’emploi d’acides organiques est autorisé, les produits chimiques de synthèse sont interdits. Un autre aspect essentiel dont il faut tenir compte ici est que la reproduction se fait uniquement par essaimage naturel.

Pas de vie sans abeilles

Les abeilles, à l’instar d’autres insectes, jouent un rôle essentiel dans la pollinisation de nombreuses plantes sauvages et cultivées. Les abeilles mellifères occupent une place bien distincte parmi les insectes car entant qu’ensemble (essaim), elles constituent un organisme particulièrement fascinant, comparable à celui d’un animal à sang chaud. Et c’est précisément le respect et les soins portés à l’essaim et à ses besoins qui sont déterminant pour la qualité du miel issu de l’apiculture Demeter.

Pourquoi Demeter ? En quoi le label Demeter convainc ?

On se consacre à la biodynamie parce-ce qu’on s’intéresse à la vie. Parallèlement à la forte évolution de la technologie au cours des dernières décennies, Demeter a fourni une alternative moderne, qui a aussi de l’attrait pour les paysans modernes: pas de poison, cycles pleins de sens, bien-être des animaux et bonheur des plantes, une fantastique pratique agricole du compost à la créativité dans le travail de sélection. Il n’y a pas de restrictions: D’aucuns travaillent avec les chevaux, d’autres avec des machines modernes, chaque ferme à son propre caractère. Mais l’on découvre presque toujours une immense fertilité et une santé robuste. La recherche libre qui mue le travail agricole en quelque chose de magnifique est aussi soutenue. Celle-ci offre surtout aux jeunes une perspective grandiose.

Un autre atout de taille: Demeter a investi, sur un siècle entier, dans le développement de la sélection végétale biologique et dans la protection et la préservation de variétés naturelles. Durant cette période, un important patrimoine de connaissances, d’expérience et d’expertise a été accumulé, qui peut servir aux générations futures de base pour une agriculture durable.

Antonius Conte, transformateur licencié Demeter